Dominique Delahaye n’en est pas à son coup d’essai avec ce magnifique « gueules cassées » et il signe un bien bel épisode.
Le récit se passe aux abords de Paris avec péniche et vue sur canal, à proximité d’une friche industrielle en reconversion et où nous découvrons une multitude de personnages qui représentent la société locale.
Simon, Julien et Cindy, trois jeunes qui vivent sur une péniche avec pas grand-chose et rêvent d’un autre monde. Issa, leur pote, habite avec sa grande famille dans une cité voisine. Josette Mignaud, l’institutrice de leur enfance, s’ennuie ferme dans l’EHPAD voisin. Kodama n’est jamais loin. Il était déjà une teigne à l’école, il est devenu le caïd du secteur. Il tient les uns sous sa coupe, rend des services aux autres. Notamment à Gomelino, un architecte fortuné et peu scrupuleux, qui s’acoquine avec des magnats azerbaïdjanais et Francis le fils de Josette qui fait dans le politique.
Ce petit monde va se percuter. La géographie urbaine est un champ de guerre sociale. Et ça saigne.

Nous sommes au croisement des mondes, dans un présent, très présent et au confinement des arrangements.
Cette photographie d’un bout de société est une réussite. Je vous invite à découvrir ce roman et par la même cet auteur.
Par Dominique Mourlane,
libraire au Relais de Poche à Verniolle