A la demande du CEA (Comité Ecologique Ariégeois), la chasse au Grand Tétras et au Lagopède alpin en Ariège est suspendue le 8 Octobre 2019 par le Tribunal Administratif de Toulouse.
Le Grand Tétras et le Lagopède alpin : deux espèces emblématiques des Pyrénées
Le Grand Tétras est un galliforme montagnard en très forte régression dans les Pyrénées françaises : 75% des effectifs ont disparu depuis 1960. Le Lagopède alpin qui vit en haute altitude, véritable relique glaciaire, est gravement menacé par le réchauffement climatique. Malgré cela, ces espèces sont toujours chassées dans les Pyrénées françaises, et sont par ailleurs également victimes d’un braconnage persistant.
Une chasse systématiquement déclarée illégale
Depuis 2008, le Comité Ecologique Ariégeois a attaqué tous les arrêtés autorisant la chasse au Grand Tétras et au Lagopède alpin en Ariège. Systématiquement, les juridictions administratives ont donné raisons au CEA en annulant les arrêtés autorisant la chasse de ces espèces, les juges retenant que la chasse est « de nature à compromettre les efforts de conservation de l’espèce », violant ainsi la directive européenne « Oiseaux ».
Un sursaut du Ministère
Après 45 procédures consécutives à l’échelle du massif pyrénéen qui donnent raison aux associations de protection de la Nature, dont 13 décisions de Cour d’Appel et une décision du Conseil d’Etat particulièrement importante et circonstanciée, la ministre de la Transition écologique et solidaire avait dans un premier temps, en toute logique, ordonné aux Préfets concernés, de geler au moins les prélèvements de Grand Tétras.
Une reddition en rase campagne
Avec le plus parfait mépris de la chose jugée, et par un très curieux renversement de la hiérarchie, la Préfète de l’Ariège et le Préfet des Hautes Pyrénées ont demandé à leurs services instructeurs de la DDT de revenir à la charge et d’arracher à Madame Elisabeth Borne le prélèvement de 10 Grand Tétras, ce qui leur fut hélas accordé.
Intervention du Comité Ecologique Ariégeois
De ce fait, le Comité Ecologique Ariégeois qui s’applique depuis 40 ans à préserver les milieux comme la survie de ces deux espèces en grand danger, a saisi en urgence le Tribunal Administratif de Toulouse.
Par ordonnance du 8 Octobre, le Juge des Référés sifflait la fin du carnage pour cette année et produisait un 46ème jugement favorable aux arguments des associations de protection de la nature.
Pour Marcel Ricordeau, président du Comité Ecologique Ariégeois : « Quand donc l’administration de l’Ariège sera – t- elle capable de gérer en respectant les décisions de justice, sans céder à telle ou telle pression, et en tenant compte du souhait de la population de préserver toute l’exceptionnelle biodiversité du département ? »
Communiqué de L’association Comité Ecologique Ariègeois